Après vingt-cinq années à trimbaler mes valises à roulettes à travers les aéroports du monde, cette étape de ma vie professionnelle s’est abruptement terminée en juillet 2021. Il était alors hors de question pour moi de consentir aux mesures démesurées et de participer au tissu de mensonges qui embrouillaient de plus en plus l’occident et les esprits.
J’allais plutôt aller me réfugier dans mon « shack » de bord de rivière, sur la terre bénie de mon enfance, cueillir ortie et têtes de violon, faire du canot et du « paddle » cultiver mes topinambours, étudier le Marie-Victorin et les plantes médicinales, chauffer le poêle à bois, faire du ski de fond avec mon chien, lire les dizaines de livres qui m’attendaient depuis des lustres… et écrire.



Le monde pouvait b’en continuer à virer su’l top, mais ce s’rait sans moi. Pour un temps indéterminé (et bien rempli).
Décembre 2022, après un épisode d’invalidité qui aura remis plusieurs choses en perspective, je me suis trouvé une belle vieille van que j’suis allée chercher à l’aut’ bout de l’Ontario et que j’ai retapée de fond en comble (avec beaucoup, beaucoup d’aide; gratitude à tous les concernés sur le parcours). J’allais finalement ressortir dans le monde en nomade, avec un peu plus de confort que dans ma fidèle « Matrixfalia » des années précédentes, question de savoir à quoi mes compatriotes du territoire québécois réfléchissaient, après ces dernières années de grosses remises en question de toutttttttttte, toutttttttte, touttttttttte dans nos vies.
Ainsi est née »Mimi-Dodge; la Caravane Philo », avec le désir de remettre de l’avant, avec des gens en chair et en os, les conversations nuancées, profondes, intriquées et complexes, sur les dizaines de sujets qui m’interpellent.

Mars 2026. Après moults détours, je vis encore au cœur d’une belle forêt, dans une autre cabane maintenant. À peine plus grande que la précédente, un peu moins « pardue » loin de tout. Avec mon chéri qui m’en a partagé la clé dès qu’on s’est connus. Une douche avec de l’eau chaude, une « vraie » toilette en d’dans. Le poilu (of course), mes poulettes mignonnes et un gros chantier dehors.
Un paysage d’une grande beauté.
De la cuisine française mitonnée chaque jour avec tendresse.
Et du temps.
Beaucoup de temps.
Pour réfléchir.
Pour faire des liens.
Pour étudier, discerner, analyser, fouiller, vérifier, m’obstiner, revenir en arrière, poser des questions difficiles, trouver des réponses surprenantes ou décevantes, jaser, semer, interroger, refléter, réfléchir…
De multiples projets d’écriture, encore peu définis, m’habitent depuis je ne sais plus combien d’années. J’ai des cahiers éparpillés, des notes dans mon téléphone, des milliers de publications FB et je ne saurais dire combien de longs commentaires saupoudrés par-ci, par-là.
La van s’est sédentarisée, le temps de construire la maison-cathédrale. Les échanges philosophiques se sont toutefois poursuivis avec nombre de nouveaux interlocuteurs passionnants, en personne oui, mais aussi souvent par le truchement du réseau (anti-)social mentionné plus haut. Il est temps pour moi de rapatrier un peu mes idées en un seul »lieu virtuel », plutôt que de continuer à éparpiller mon désir de partages signifiants au gré des algorithmes.
Ça fait des années que je termine la majorité de mes publications par »Nous devrons avoir ces conversations. »
Ici se retrouveront donc tranquillement les chroniques pêle-mêle d’une vie en kaléidoscope. Du neu’, du vieux, du revisité…
Pour philosopher encore. Ensemble.
Bienvenue dans ma Caravane!


Laisser un commentaire